Blogue mise en demeure

Quand la mise en demeure devient un cri du cœur : les organismes communautaires se font entendre.

Vous avez peut-être vu passer l’info dans L’actualité ou entendu des murmures un brin indignés du côté des milieux communautaires : la Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles (TRPOCB) a envoyé une mise en demeure — oui, une vraie, pas juste un regard désapprobateur — au ministre Lionel Carmant et à la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel.

Pourquoi? Pour un 10 millions $ qui semble jouer à cache-cache.

Petit rappel des faits

En 2024, le budget du Québec annonçait 10 millions $ destinés aux organismes communautaires en santé et services sociaux (OCASSS) via le Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC). L’objectif : soutenir leur mission globale — autrement dit, leur permettre de faire leur travail, jour après jour, sans courir après chaque sou comme s’il était le dernier rouleau de papier de toilette en pandémie.

Mais voilà : 1 million de cette enveloppe aurait pris un petit détour, comme un élève distrait en sortie scolaire. Trois groupes auraient reçu cette somme par une voie parallèle, sans passer par les règles habituelles du PSOC. Selon la Table, ces groupes n’étaient pas plus « à risque de fermeture » que les autres, ce qui met en doute la justification avancée par le ministre.

Et si c’était un précédent?

Ce qui dérange encore plus? C’est que cette pratique semble vouloir se répéter. Malgré les démarches, lettres et rencontres, le ministre aurait laissé entendre vouloir garder encore une fois une partie de l’enveloppe de 2025 pour des « cas spéciaux ». Et c’est là que la TRPOCB a sorti la carte « mise en demeure ». Une première, mais aussi un signal clair : on ne peut pas bâtir du solide sur des fondations imprévisibles.

Pourquoi c’est important?

Le financement à la mission globale, ce n’est pas un caprice. C’est ce qui permet aux organismes de rester ouverts, planifier, embaucher, innover… et, bien entendu, de répondre présent quand les gens en ont le plus besoin.

Distribuer les fonds autrement, sans transparence ni équité, fragilise tout un écosystème déjà à bout de souffle.

Et maintenant?

La Table attend toujours une réponse officielle à sa mise en demeure. Elle espère non seulement que les 10 millions $ de 2025 iront entièrement au PSOC — comme prévu — mais aussi qu’on corrige le tir pour 2024. Pas pour pointer du doigt les groupes qui ont reçu l’aide, mais pour reconnaître les torts, restaurer la confiance et éviter que cette “exception” devienne une habitude.

Un enjeu collectif

Ce n’est pas seulement une affaire de chiffres et de virgules budgétaires. C’est une question de justice, de reconnaissance du travail communautaire et d’engagement envers les plus vulnérables.

Parce qu’au final, chaque dollar investi dans le communautaire, c’est un filet de sécurité pour des milliers de personnes. Et ça, ça mérite mieux qu’un jeu de coulisses.

À suivre… Parce que comme le dit si bien Mme Roberge : « Après la première année, on pouvait penser que c’était exceptionnel. Mais après deux? C’est là qu’on s’inquiète que ça devienne la norme. »

Référence : 

👉 Lire l’article complet dans L’Actualité : https://lactualite.com/actualites/des-organismes-communautaires-envoient-une-mise-en-demeure-a-carmant-et-lebel/

-Emmanuelle Caron, responsable du développement philanthropique et des communications